jeudi, mai 04, 2006

La Russie : Part 1



Le début du marathon Russie a commencé a 6h du matin pour pouvoir poster le blog avant de prendre le bateau. Le temps était compté, et comme si tout ça manquait un peu de piquant nous avons eu droit à notre première crevaison en quittant l’hôtel. Changement de roue a 7h du mat, à jeun. Heureusement la grosse pluie de la nuit venait de cesser.
On est quand même arrivés à temps au bateau, pour une traversée sur la mer d’Azove qui n’a pris qu’une demi-heure. Par chance nous avons rencontré à bord un groupe de sismologues russes qui parlaient parfaitement anglais. Nous ne le savions pas alors mais l’un d’entre eux serait notre « ange gardien » pendant tout le long des interminables formalités de la douane russe …
Thank you Alexandre, without you we would steel be there !!
En effet les russes ne sont pas méchants, ils sont juste affreusement procéduriers !
Même pour un citoyen russe c’est un vrai casse-tête administratif, une horreur !
En plus pour vous rendre un peu plus chèvre ils ont répartit les formalités en deux guichets, face à face. Il faut passer de l’un à l’autre avec différents papiers, et même courir à l’autre bout de la douane sous la pluie pour avoir le document qui te permettra ensuite seulement d’avoir « l’Officiel » … Quand on ne te fait pas remplir un Xieme formulaire en double, pour finalement te dire de le jeter ! C’est digne d’Asterix !
Sans compter qu’avant l’aberration administrative, il a fallu affronter les douaniers, avec le passage de la voiture au flair de 2 chiens, et même un coup de miroir sous le chassis au cas où il serait truffé d’armes. Le tout sous l’œil d’un grand gaillard qui ne cessait pas de répéter les bras croisés : « Prroblem ! ». On a finit par savoir que c’était le poids des bagages embarqués qui lui posait problème. Normalement on ne doit pas excéder 20 kg par personne. On se croirait à Air France ! On s’en est finalement bien sortis, toujours avec le sourire. Mais si Alexandre (le monsieur en rouge) n’avait pas pris sur son temps et fait toutes les traductions pour nous, nous n’aurions jamais su comment remplir toutes les paperasses, essentielles pour avoir l’autorisation d’entrer dans le pays.


Et le plus « drôle » c’est que 10 km après la douane, se profile le premier « check point » policier (au cas où on serait passés en fraude !!!!!). On s’apercevra que ces contrôles ponctuent toutes les entrées et sorties des villes pour savoir « d’où tu viens, où tu vas, et ce que tu transportes ». On a du être contrôlés environ 12 fois en 1 300km.
On a même été arrêtés pour excès de vitesse !!! (notre premier) 60 km/h au lieu de 40. Mais devant notre mine contrite et notre belle Ami, le policier nous a laissé repartir !!! On en revenait pas.

Apres une nuit de repos bien mérité au bord d’un lac, nous avons fait notre plus grosse liaison le lendemain : 600 km de route enfin en bon état. Le trajet s’est révélé moins pénible que nous ne l’imaginions car les paysages variés nous ont menés des grands champs cultivés bordés d’arbres, à une immense steppe verdoyante et légèrement vallonnée. Le long trajet a été ponctué par les contrôles policiers, les passages des troupeaux de vaches sur la route, et nos premières observations de Grues demoiselles et de Buses féroces (c’est le nom de l’espèce).

La ville d’Elista, notre étape pour la nuit émergea enfin au milieu de la steppe. Et là comme pour s’accorder avec le paysage le pompiste de la première station était mongol ! Mais nous n’avons pas tardé à arrondir les yeux de surprise quand en s’approchant de la ville nous ne croisâmes que des visages aux yeux bridés ! Nous avons alors découvert que la ville était parsemée de petits temples aux allures de pagodes et comble : un moulin à prières immense se dressait sur la place principale !
On s’est franchement demandés où nous étions tombés, par quel miracle étions nous déjà arrivés en Mongolie ?
Nous avons dû faire des recherches sur internet pour essayer de comprendre la présence de cette étonnante communauté mongole en pleine Russie. Nous avons alors appris qu’il existe de véritables républiques autonomes intégrées dans la Fédération de Russie, et déterminées par une spécificité ethnique, religieuse ou historique. Nous étions ainsi entrés sans le savoir en Kalmoukie, région peuplée en majorité par une ethnie d’origine mongole, et dont Elista est la capitale.
Ces anciens nomades sont venus s’installer ici au 17e siècle pour trouver de nouveaux pâturages. Mais encore une fois cette minorité a fait les frais du communisme et beaucoup ont été déportés en Sibérie, et les lamas emprisonnés ou mis dans des camps de travail. Après la chute du communisme les kalmouks sont revenus et la pratique du bouddhisme a été tolérée. Aujourd’hui la capitale reflète une drôle d’atmosphère : à la fois sa grande avenue et ses immenses bâtiments soviétiques ont une certaine froideur, et en même temps ses petits temples colorés, ses statues représentant dragons et boudhas, son parc avec ses petits ponts de bois, tout cela semble à la fois incongru mais chaleureux et sympathique.
L’ironie du sort nous a menés ici, en pleine communauté mongole, alors que nous ne connaissions même pas l’existence des kalmouks en Russie. Cela nous a mis du baume au cœur et nous a encouragé sur notre voie : Nous sommes sur le bon chemin semblait vouloir nous dire notre étoile…

Nous avons donc poursuivit en direction de l’avant-dernière mer de notre route de l’eau (et oui déjà !) : la mer Caspienne.
Nous atteignions le lendemain le delta de la Volga à Astrakan. Cette jolie ville qui longe le fleuve semble habitée essentiellement de pêcheurs à la ligne ! C’était amusant de voir les rangées de pêcheurs sur l’immense pont, qui doit surplomber le fleuve à au moins 20 m de haut, lancer des lignes interminables pour atteindre l’eau ! Mais c’était apparemment efficace et tout le monde ne cessait d’attraper du poisson. La Volga doit être un vrai vivier car les lignes étaient lancées non seulement du pont mais aussi des berges et de centaines de petits bateaux sur l’eau !
En plus de son « intérêt » piscicole, la ville est plutôt sympathique, son centre est très animé et original : entouré d’un rempart et de tours il cache une très belle église orthodoxe et une place ou les jeunes boivent la nuit et les anciens se promènent le jour. Il cache aussi autre chose, mais alors la très très bien : c’est son café internet ! Si Stéphane n’avait pas tenté une ultime demande à une 15eme personne (alors qu’Emmanuelle avait renoncé à le dénicher) nous n’aurions jamais su trouver LE café internet d’Astrakan. Il a fallu que l’autochtone nous amène carrément devant les ordis dans une pièce au fond d’un bureau de poste ou « Internet » n’était écrit nulle part.


Nous avons voulu passer notre dernière nuit en Russie dans le delta de la Volga. Par hasard c’est un petit bac qui nous a menés à un coin sympa au bord de l’eau sous des saules.
Nous avions décidé d’être de bonne heure à la frontière le lendemain en prévision des longues formalités de douane.
La décision c’est avérée fort sage car arrivés à midi côté russe, nous sommes ressortis à 18h côté Kazakh !
On vous passe les détails car vous pourriez finir aussi fatigués que nous en ressortant !
On a quand même eu la force de faire 150 km pour se plonger dans ce nouveau pays qui contraste enfin définitivement avec tout ce que nous avons vu jusqu’alors. A peine la frontière passée nous sommes accueillis par des dunes de sable, les premiers chameaux et les chevaux par centaine, libres !

Ca y est nous y sommes : Le Kazakhstan ! Nous avons peine à le croire et ne cessons de nous le répéter, pour être bien surs !

Nous nous sommes même arrêtés pour voir les chameaux de près ! Premier contact émouvant avec ce petit aussi curieux que nous.





On a finalement atteint la mer Caspienne par des pistes de sable blanc. Etonnant rivage aussi calme qu’un lac et parsemé de touffes de roseaux. Les pieds dans le sable nous ferons notre premier bivouac kazakh. Nous serons même visités par deux pêcheurs en side-car, qui naviguent aussi au GPS ! Ils ont été étonnés de voir que notre moteur fait la même cylindrée que leur moto. A la vue des grosses carcasses de poissons restées sur la plage, il faut croire qu’ils pêchent encore du gros. L’esturgeon est le poisson roi pour sa production de caviar. Mais l’avenir de la mer et des pêcheurs est sérieusement menacé d’une part par la découverte dans la mer Caspienne en 2000 de très importants gisements pétroliers. D’autre part par le déversement des eaux usées sur les zones côtières qui a déjà engendré de graves problèmes sanitaires.
Mais ces problèmes sont loin de préoccuper les investisseurs venus du monde entiers, attirés par la manne pétrolière. Et certaines villes comme Atyrau connaissent un boum économique sans précédent.
Située sur notre trajet, elle était un passage obligé pour retirer des devises locales (le Tengué), refaire un petit check de la voiture, décrasser nos vêtements et trouver un café internet !

Cette « ville du pétrole » régnant sur les plus grands champs pétrolifères du pays nous a fait penser à Dubaï. Les immeubles y poussent comme des champignons sur la steppe.
Elle est traversée de part en part par le fleuve Oural, qui délimite sur sa rive Ouest l’Europe, et sur la rive Est l’Asie ! La ville semble ainsi partagée entre les deux et affiche un curieux mélange de bâtiments ultra modernes à l’occidentale et de petites boutiques tenues par des asiatiques.


En traversant le pont Abay sur l’Oural nous sommes ainsi passés pour de bon en Asie. Une petite guérite placée de chaque côté annonce même l’arrivée sur l’un ou l’autre continent. C’est si simple parfois de voyager, il suffit de traverser un pont ! Nous avons bien sûr pris un hôtel du côté asiatique et pour une fois nous avons eu la vue sur le fleuve, comme pour dire au revoir à l’Europe en face, avant de s’enfoncer en Asie. Nous réalisons alors que nous avons parcouru 8 453 km pour atteindre cette frontière géographique !
Et nous sommes heureux et assez fiers d’y être arrivés, avec en plus aucun problème mécanique majeur. Maintenant les gens commencent à ne plus être trop étonnés que nous allions en Mongolie, mais plutôt que nous soyons arrivés jusque là depuis la France ! Ils ne situent d’ailleurs pas trop la Croatie, la Serbie et même la Roumanie et n’ont pas l’air de bien connaître Citroën.
En effet jusqu’en Russie la voiture était connue grâce à (tenez vous bien) : Fantômas !!! On s’est fait appeler comme ça entre autre par les douaniers depuis la Roumanie. En Russie quelqu’un l’a même écrit dans la poussière du pare-brise ! Du coup on a été voir dans un magasin de CD et on l’a trouvé en DVD ! Voila notre programme ciné du soir : De Funes doublé en Russe ! Un régal ! Comme quoi on n’imagine jamais ce qui peut avoir du succès à l’export.


Nous repartons maintenant direction la mer d’Aral, the ultimate one…
Les cafés internet devenant de plus en plus difficiles à trouver, nous ne pourrons certainement pas renouveler le blog aussi souvent dorénavant …
Alors la suite … quand le hasard le voudra …

11 commentaires:

Annie a dit…

Séquence émotion pour petite maman sensible....
Aujourd'hui,nouvelle version ...(qu'on ne verra pas au cinéma)
Après "le chameau qui pleure..."voici "Le chameau qui a fait pleurer maman..."
Merci Steph pour cette magnifique photo que je prends comme un précieux cadeau...
Et toujours mes bravos admiratifs pour cette nouvelle publication.
bisous à vous deux

richarafgha a dit…

Comme vous le dites parfois voyager est si facile traverser un pont et voila...avant hier nous etions a la frontiere iranienne...les gardes nous ont laisse passer sans passeport sans visa, juste nos bouilles de french..et le plus drole c'est qu'une fois sur le pont..a 50 m..bien visible...des 10ene de barques font traverser illegalement iranien, afghan, trafiquants en tous genres..un peu d'opium..mais ce sera bientot la monnaie locale je crois..
bise a vous et bonne traverse...
PS:a la tv , il y a ce moment des pub pour le kasakstan...kasakstan des horizons a decouvrir.. a vous de jouer.

Anonyme a dit…

Je ne savais pas que les chameaux çà porté des capuches.... Ma photo préférée et celle du profil d'Emmanuelle dans la voiture. Bises à vous deux PAPA

mag a dit…

que dire????
Les photos sont incroyalement belles, particulièrement celle du chameau en ta compagnie!! (ps: Joel a un peu la même avec l'ânesse Rosie mais il n'a pas voulu vous l'envoyer...censurée!!!)
A ce que j'ai pu lire, tout va bien et je vous sens vraiment en plein forme.
Je vous embrasse bien fort.
A bientôt.

Stéph de Lyon a dit…

Tout est toujours aussi parfait et votre épopée nous fait toujours autant réver... Nous continuons à vous suivre de près, même si nous ne nous manifestons pas à chaque fois dans ces petits commentaires...
De grosses bises à vous 2, et surtout ouvrez bien vos yeux... Stéph & François

monjouet a dit…

A vous lire et vous regarder j'ai l'impression qu'en franchissant ce pont vous quittez l'Europe pour de bon. Merci pour vos évasions. (La mienne se résume pour l'instant à 130 kms en Ami 6 entre Paris et le Perche. On ne rigole pas...)Pensées proches. Laurent

maryse a dit…

nous rentrons de Croatie et decouvrons avec toujours autant d'etoiles dans les yeux votre belle histoire, magnifique la photo du petit chameau tout en confiance avec Emmanuelle. Bravo à vous deux et continuez ainsi votre belle balade. Bisous de tata et de sa troupe.

Le Suisse a dit…

Hello les aventuriers, bon et bien tout se que j'espere c'est que tout va continuer pour le mieux et je n'en doute pas mais le plus important c'est des news au plus vite arrive ok.
BISOUS BISOUS BISOUs ET TOUT DE BON

Anonyme a dit…

Petite Manue... Long time no see... J'ai de la chance de pouvoir voyager en ta compagnie et celle de notre Richard national... Merci pour ses mots et ses images... Au plaisir de te revoir un de ses 4... Anne la tite québécoise....

VINCENT L a dit…

vous suis depuis quelques temps et dois bien avouer qu'un ptit tour sur votre blog en plein milieu d'une journée de taf se revele d'un grand secours, un bol d'air, une bouffée d'oxygene, un vrai remede contre la morosité ambiante qui regne sur notre pays, plus votre route avance et plus les envies de bouger se pressent dans ma ptit tete, et si ma route a moi c'etait celle du vent.......?
nous verrons bien , en attendant, profitez, vos sourrires et toutes ces belles images sont fort communicatifs et ne laissent aucun doute concernant l'ennnnnoooooorme pied que vous etes en train de prendre, un espece d'enduro roots comme on en fait plus.
bravo pour vos commentaires et ce blog achement bien gaulé!!!!
bises a vous, bon courrage pour la suite et comme dirait bertrand c, a votre etoile.

AMI6 22 a dit…

Bonsoir j'ai passé une super soirée grâce à vous avec toutes vos photos et vos vidéo qui sont vraiment super , je tiens à vous dire un grand merci


AMI6 22