

Après avoir traversé l’Europe sur 2850 km, le Danube s’étale en une immense zone humide formée de canaux, de lacs, de roselières, et de forêts primaires inondées. Dans ce milieu exceptionnel, à mi-chemin entre le pole et l’équateur passent plus de 250 espèces d’oiseaux ! Vous pensez comme nous étions impatients d’aller voir ca, surtout en pleine période de migration prénuptiale !
Nous avons donc profité de ces 5 jours pour filer direction Tulcea, à la frontière entre la Roumanie, la République de Moldavie et l’Ukraine. Nous avons campé en route au bord d’un étang. Et nous sommes endormis en admirant les étoiles a travers le toit ouvrant de notre Ami, mais au petit matin il y avait du givre non pas a l’extérieur mais à l’intérieur ! Et oui le thermomètre devait être en dessous de zéro et quand on dort dans une voiture, la condensation peut geler la nuit … et elle nous goutte dessus quand on reprend la route !
Nous étions tout excités quand nous sommes finalement arrivés dans cette région tant convoitée par les ornithologues du monde entier.
Nous avions projetés de trouver un camping pour rester sur place une semaine et avoir une petite douche. Nous recherchions Le Pelican Vert tenu par un français ornithologue, d’après notre guide du routard (périmé de 6 ans). Quant une Dacia ( Renault 12 fabrication roumaine) toute en appels de phare est venue à nous, volant littéralement sur les nids de poule ! C’était Roméo, un guide roumain parlant un peu français, qui nous expliqua que l’homme que nous recherchions était décédé …et qu’aucun camping n’était encore ouvert !
Il nous a finalement trouvé une cabana (chalet) et nous a négocié un tour en bateau pour découvrir le delta.En effet cette immense toile d’eau (15 fois plus grande que la Camargue) ne peut se visiter à pied. Nous avons donc pénétré les secrets du delta en bateau au petit matin et nous avons ouvert de grands yeux émerveillés. Nous ne vous ferons pas toute la liste de nos observations, mais quelques espèces emblématiques étaient au rendez-vous : Pélicans, Ibis, hérons Bihoreaux … Emmanuelle n’a pas quitté ses jumelles et Stéphane son appareil photo pendant les 5 heures de balade. Nous nous en sommes mis plein les mirettes sous un soleil généreux, et sommes rentrés heureux !
Nous avons passé les jours suivant entre le hamac et les observations autour des étangs proches du village. La vie quoi !
La vie animale « domestique » s’est aussi avérée intéressante : chaque maison possède une basse-cour, souvent très diversifiée, et libre d’aller et venir pendant la journée. Ici pas de confinement, alors que la grippe aviaire sévit dans cette région depuis l’automne. Apparemment tant qu’un village n’est pas touché, aucune mesure particulière n’est appliquée. Simplement les véhicules sont désinfectés à l’entrée et à la sortie de cette région.
Par ailleurs les chevaux, qui sont le principal mode de locomotion et surtout de transport, sont mis au prés attachés à des longes : aucune de clôtures nulle part. Simplement la qualité de la pâture laisse parfois à désirer … Les animaux en général ici sont très craintifs, et nous ne pouvons nous empêcher d’essayer de les approcher et de gagner leur confiance, surtout avec ce poulain très curieux.
Nous avons dû quitter à contrecœur le village de Murighiol pour rentrer sur Bucarest. Mais un très bel itinéraire le long de la mer Noire nous attendait, ainsi qu’encore quelques belles surprises …
Nous nous sommes arrêtés, toujours prés d’une roselière, charmés par les chants des engoulevents et des chouettes chevêches à la tombée de la nuit. Nous avons bien fait de les écouter car nous avons été réveillés par un lever de soleil grandiose qui fut le présage d’une très belle journée.
Un Lemming peu farouche nous a ensuite attirés sur une longue piste qui surplombait la mer noire. Steph a guidé l’Ami6 entre les ornières dans une conduite sans faute !
Cela valait le coup car nous avons pu admirer un superbe panorama. On s’est juste embourbés le temps de se faire un peu peur mais notre « tout terrain » est si léger qu’on l’a sortit sans forcer.

On a finit par rejoindre la route jusqu’à Istria, où nous avons eu notre dernière belle surprise du delta : des dizaines d’oiseaux de différentes espèces s’étaient rassemblés au bord de la lagune. Avocettes élégantes, canards Tadornes, Echasses, Grandes Aigrettes, et des dizaines de limicoles différents
recherchaient leur nourriture dans la vase sans se soucier de notre présence. On jubilait. Ce fut le cadeau de départ !
Après avoir bien profité de cette belle boucle de 800km, nous partons maintenant direction les Carpates. Nous avons un rendez-vous un peu particulier, dans une ferme biodynamique pour échanger notre travail contre le gite et le couvert.
Si vous aviez envie d'ecouter l'interview de Radio Roumanie Internationale, elle est en ligne jusqu'au mardi 4 Avril a l'adresse suivante : www.wrn.org/listeners/stations/station.php?StationID=107
Il faut aller en bas de la page dans le petit cadre, sur la ligne "francais" et cliquer sur le 1er petit "W" qui signifie "wensday". L'interview est a partir de 8mn environ.
A bientot
PS : Nous avons glisse un petit message dans les commentaires